MACF : Importateurs, êtes-vous prêts pour la révolution carbone de 2026 ?

Depuis 2023, une nouvelle réglementation européenne transforme progressivement les règles du jeu pour de nombreux importateurs : le MACF – Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (CBAM en anglais).
Souvent mal compris ou perçu comme une simple formalité, il s’agit en réalité d’un virage réglementaire majeur qui va profondément impacter les importations vers l’Union européenne.

À partir du 1er janvier 2026, le MACF deviendra pleinement opérationnel… et les entreprises non préparées s’exposeront à des blocages douaniers et à des sanctions financières importantes.

Cet article fait donc le point sur ce que vous devez absolument savoir pour anticiper.

Le MACF, c’est quoi exactement ?

Le MACF est un mécanisme européen qui vise à mettre au même niveau les importateurs et les producteurs européens face au coût du carbone.
Objectif : éviter les « fuites de carbone » — autrement dit, empêcher que des productions très émettrices soient déplacées hors UE pour contourner la réglementation climatique.

Concrètement, les importateurs devront :

  • déclarer les émissions de CO₂ incorporées dans les produits qu’ils importent,
  • acheter des certificats MACF à hauteur de ces émissions (à partir de 2026),
  • disposer du statut obligatoire de “déclarant MACF autorisé” pour pouvoir importer les produits concernés.

C’est une véritable nouvelle couche réglementaire douanière à maîtriser.

Quels produits sont concernés ?

Le MACF s’applique à des secteurs industriels à forte intensité carbone :

  • Acier
  • Aluminium
  • Ciment
  • Engrais azotés
  • Hydrogène
  • Électricité (certains cas)

Chaque secteur est associé à une liste précise de codes douaniers.
Si vos marchandises contiennent ces matières (même en pièces ou produits semi-finis), le MACF peut s’appliquer.

Un calendrier serré : 2026 arrive vite

2023–2025 : Période transitoire

Depuis octobre 2023 :

  • les importateurs déposent une déclaration trimestrielle MACF,
  • aucune redevance carbone n’est encore due.

Cette phase permet aux entreprises de se familiariser avec les calculs d’émissions et les outils de déclaration.

À partir du 1er janvier 2026 : obligations définitives

Changement total de régime :

  • Le statut de déclarant MACF autorisé devient incontournable pour importer.
  • Les déclarations deviennent annuelles (première échéance : 31 mai 2027).
  • Les importateurs doivent acheter et restituer des certificats MACF correspondant aux émissions réelles de leurs produits.
  • Un stock minimal de certificats devra être maintenu tout au long de l’année.

En clair : sans autorisation MACF, les produits concernés ne pourront tout simplement plus entrer dans l’UE.

Comment calculer les émissions MACF ?

Les importateurs doivent obtenir ou calculer :

  • les émissions directes de production,
  • les émissions indirectes (selon les cas),
  • les informations d’activité (énergie utilisée, procédés, etc.).

Deux approches sont possibles :

  • Données réelles fournies par les producteurs étrangers – la méthode privilégiée ;
  • Valeurs par défaut publiées par l’UE – mais souvent plus pénalisantes, car volontairement conservatrices.

Si vos fournisseurs n’ont jamais travaillé sur leur empreinte carbone… il est temps de les sensibiliser.

Simplifications récentes : le seuil de minimis

Pour alléger la charge administrative, l’UE a introduit un seuil de minimis :

  • En dessous de 50 tonnes par an pour certains produits MACF, l’entreprise peut être exemptée de plusieurs obligations.

Attention :

  • ce seuil ne s’applique pas à tous les produits,
  • il ne dispense pas forcément des demandes d’autorisation,
  • l’électricité et l’hydrogène restent exclus du dispositif de simplification.

Selon les volumes importés, cette simplification peut concerner beaucoup de PME mais reste à analyser au cas par cas.

Quels sont les risques en cas de non-conformité ?

Les sanctions prévues sont sérieuses :

  • Blocage des importations : sans autorisation MACF, vos marchandises ne pourront pas être mises en libre pratique.
  • Sanctions financières, parfois importantes, en cas d’absence ou d’erreur dans les déclarations.
  • Audits renforcés de la part des autorités (douanes, DGEC).

Le MACF n’est pas une option : c’est une obligation légale.

Comment les importateurs peuvent-ils se préparer ?

Voici les actions prioritaires que je recommande à mes clients :

1️⃣ Identifier les produits concernés

Analysez vos codes douaniers et vos volumes d’importation.

2️⃣ Sensibiliser vos fournisseurs

Sans données fiables, les déclarations MACF seront impossibles — ou très coûteuses.

3️⃣ Anticiper la demande d’autorisation

Le statut de déclarant MACF autorisé devra être demandé courant 2025 : ne tardez pas.

4️⃣ Mettre en place un système interne

Le MACF est un reporting carbone annuel, vérifié et structuré.

Un processus interne clair (achats, douane, RSE, finance) est indispensable.

5️⃣ Former vos équipes

Acheteurs, supply chain, douane, export-import : tous les services sont concernés.

Conclusion : 2026, c’est demain. Préparez-vous dès maintenant.

Le MACF représente un tournant historique pour les opérations d’importation.
À partir de 2026, importer de l’acier, de l’aluminium, du ciment ou des engrais vers l’UE impliquera une véritable responsabilité carbone, assortie d’un coût et de nouvelles obligations douanières.

Les entreprises qui anticipent aujourd’hui :

  • réduiront leurs risques,
  • sécuriseront leurs flux,
  • optimiseront leurs coûts futurs,
  • se démarqueront par une démarche responsable.

Si vous souhaitez un diagnostic MACF, une formation dédiée ou un accompagnement sur la mise en conformité, contactez-moi

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